Nouvelle ère pour les collections

Le problème

Le budget consacré aux périodiques par les grandes universités nord-américaines a crû quatre fois plus vite que l’inflation depuis 1986. Ce rythme est insoutenable. Source

La cause

L’édition scientifique est concentrée dans les mains de cinq multinationales qui, en 2013, ont publié plus de la moitié des articles savants dans le monde (source). Cette situation d’oligopole leur permet de fixer les règles et de dégager d’intéressantes marges bénéficiaires.

 

Revenus Profits
2012 2013 2014 2012 2013 2014
Elsevier 3,3 milliards 3,5 milliards 3,7 milliards 1,3 milliards 1,4 milliard 1,4 milliard
Springer’s Science +
Business Media
1,4 millard N/A N/A 483 millions N/A N/A
John Wiley & Sons 1 milliard 1,04 milliard 1,16 milliard 437 millions 432 millions 497 millions
Taylor & Francis Group 566 millions 604 millions N/A 210 millions 215 millions N/A
Sage Publications N/A N/A N/A N/A N/A N/A

Sources : rapports annuels des compagnies

La situation à l'UdeM

Le modèle d’affaires préconisé par les éditeurs commerciaux est un forfait d’abonnement couvrant la totalité de leurs périodiques. C’est ce que nous appelons les grands ensembles, les « big deals » en anglais. Ils monopolisent aujourd’hui 80 % de l’enveloppe budgétaire consacrée aux périodiques.

Ces vingt dernières années, les bibliothèques ont maintenu ces grands ensembles, en dépit de l’inflation démesurée et au détriment des autres pans de collections, notamment :

  • des livres;
  • des abonnements individuels de périodiques.
Nous avons atteint le point de rupture tel qu'illustré par la figure Évolution du budget de la documentation. Le remaniement de la collection de périodiques, notamment par la déconstruction des grands ensembles, s’avère incontournable.

Crise dans l'édition savante

La situation de crise entourant l'édition savante n'est pas propre à l'UdeM, c'est un enjeu mondial. Une forte mobilisation de l'ensemble des acteurs - professeurs, étudiants, administrateurs universitaires, organismes subventionnaires et gouvernements - sera nécessaire pour la régler.

Il faudra vraisemblablement oser :

  • encourager la publication dans des revues en libre accès;
  • cesser d’alimenter les éditeurs commerciaux;
  • remettre en question la prédominance du facteur d’impact comme mesure d’évaluation de la qualité de la recherche;
  • reconnaître la publication en libre accès lors des décisions en matière de promotion des professeurs;
  • favoriser des modèles d'affaires où l'on finance à la base les revues en libre accès comme solution de rechange aux pratiques commerciales.

À leur échelle, les Bibliothèques de l'UdeM contribuent à ce mouvement (voir les solutions émergentes).