François DUCHESNEAU
 

Leibniz et la méthode des hypothèses dans les Nouveaux Essais.

samedi 2 octobre, 9h30-10h00

Résumé de la communication :

La critique des hypothèses, leur éviction du domaine de la science (knowledge) et leur rôle mineur dans la constitution du savoir probable (probability) illustrent de façon centrale la conception empiriste de la méthode à laquelle Locke rattachait la constitution de l’experimental philosophy, ainsi que le projet même de l’Essay. Leibniz soutient une position diamétralement opposée sur le recours aux hypothèses dans la recherche d’explications portant sur les phénomènes bien fondés : il suggère entre autres que la méthode des hypothèses, adéquatement pratiquée, constitue sans doute l’instrument par excellence d’extension du savoir rationnel dans l’analyse des phénomènes. Ce faisant, il vise, selon nous, trois objectifs : déceler, par delà la critique de la position lockienne, les insuffisances de la méthodologie empiriste à laquelle se rattache la justification d’une philosophie naturelle comme celle qui découle de la science newtonienne; intégrer à sa propre conception de la science, en les resituant dans une structure argumentative unitaire, les éléments principaux de la démarche de l’experimental philosophy; assurer le recours aux principes architectoniques dans la constitution d’un savoir portant sur l’ordre et le fondement des phénomènes. Le contexte même des Nouveaux essais incite Leibniz à accorder une plus grande généralité à la méthode des hypothèses que celle qu’il semblait lui accorder dans des écrits antérieurs. Il s’agit de déterminer si une telle inflexion correspond à une évolution significative des concepts en jeu.