Marcel Lajeunesse

Lors d’un voyage en Espagne dans les années 1970, Marcel Lajeunesse se découvre un véritable intérêt pour les livres d’heures. En effet, un fac-similé du Livre d’heures d’Isabelle de Castille retient son attention par la beauté et l’harmonie de ses enluminures.

Pendant plus de trente ans, en marge de son enseignement en histoire du livre, monsieur Lajeunesse cultivera cette passion et développera une collection de plus de deux cents fac-similés de livres d’heures, de livres enluminés et d’études sur le sujet.

La fascination de monsieur Lajeunesse pour les livres d’heures s’explique par leur situation historique exceptionnelle. En effet, ces manuscrits se situent au confluent de plusieurs courants importants tels l’histoire du livre, de la religion et de l’art en Occident.

Au XVIe siècle, le livre d’heures est si populaire qu’il est souvent privilégié dans le choix des bibliothèques bourgeoises. Conçus originellement à l’usage des aristocrates laïcs pour les assister dans leurs dévotions quotidiennes, ces ouvrages témoignent de l’omniprésence du sentiment religieux au Moyen Âge. Ils s’avèrent indissociables de l’histoire de l’art, annonçant la modernité au fil de l’évolution et de la réalisation de leurs enluminures.

Monsieur Lajeunesse avoue une nette préférence pour les Petites Heures de Jean, Duc de Berry, ouvrage tout aussi achevé mais moins connu que les spectaculaires Très Riches Heures du Duc de Berry. Un autre manuscrit se démarque à ses yeux: Les Heures de Louis d’Orléans, dont l’original se trouve à la Bibliothèque nationale de Russie à St-Petersbourg.

À l’automne 2005, monsieur Lajeunesse décidait de faire don de sa collection aux Livres rares et collections spéciales de la Direction des bibliothèques. Ce don revêt une grande importance puisque les fac-similés des livres d’heures, eux-mêmes fréquemment à tirage limité, représentent aujourd’hui le seul moyen accessible pour les chercheurs, étudiants et amateurs éclairés d’être en contact avec ces joyaux. Les originaux étant extrêmement fragiles, il sera de plus en plus rare de les voir mis en valeur dans les expositions muséales.