L’année 2024-2025 a été marquée par la transformation organisationnelle des bibliothèques UdeM, qui visait à adapter nos forces et ainsi réaliser notre ambitieuse planification stratégique 2023–2028. Ces changements ont permis de maximiser notre pertinence et l’alignement de notre offre de services face aux grands chantiers de l’Université de Montréal.
Nous avons repensé nos structures pour mieux soutenir notre mission : deux nouvelles directions ont vu le jour, de nouveaux espaces de concertation ont été créés, et nos équipes ont été réorganisées afin de renforcer notre agilité collective. Une transformation d’ampleur, parfois exigeante, mais qui nous place aujourd’hui en position de jouer pleinement notre rôle de partenaires stratégiques de la recherche, de l’enseignement et de la réussite étudiante.
La Direction de la recherche et des initiatives numériques (DRIN), créée en août 2024, s’articule autour d’une équipe solide à laquelle se sont greffées de nouvelles compétences, notamment en ce qui touche l’impact de la recherche, le soutien à la communication savante, l’intelligence artificielle, le traitement et la valorisation des données et les humanités numériques. Ces compétences bonifient une offre de services experts déjà bien ancrée dans les domaines du droit d’auteur et de la gestion des données de recherche. Toutes ces nouveautés visent l’accompagnement de nos chercheuses et chercheurs dans l’ensemble des étapes de leurs projets. Nos bibliothécaires experts et nos bibliothécaires disciplinaires représentent ainsi une force de taille pour amplifier l’impact des recherches de notre communauté.
Cette année fut aussi celle d’un engagement ferme des bibliothèques pour un usage éthique, responsable et innovant de l’intelligence artificielle. Nous avons rapidement su proposer à nos communautés des ressources qui font déjà autorité, ainsi que des démarches expérientielles favorisant une intégration critique et réfléchie de l’IA aux pratiques des divers acteurs de notre communauté. Ces initiatives traduisent notre capacité à anticiper les transformations et à demeurer des partenaires agiles au sein de l’Université.
Dans le même esprit, nous avons entrepris une refonte complète de notre positionnement, afin de moderniser l’image des bibliothèques et de renforcer nos liens avec nos multiples communautés. Cette démarche, ancrée dans une approche humaine et collaborative, traduit notre volonté de faire des bibliothèques un espace de dialogue, d’inclusion et de rayonnement collectif. Elle s’inscrit dans une vision plus large : celle de bibliothèques qui ne se définissent plus uniquement par leurs services, mais par les relations qu’elles tissent et la valeur qu’elles créent au sein de la communauté universitaire. Cette vision s’est pleinement incarnée par la Direction de l’engagement et de l’innovation sociale en janvier 2025.
Notre engagement envers la communauté s’est aussi exprimé à travers la désignation de la Bibliothèque des sciences sous le nom de Bibliothèque Hubert-Reeves, un geste porteur de mémoire, de reconnaissance et d’avenir. Notre engagement envers la planète s’est pour sa part concrétisé par une première évaluation de notre empreinte carbone et la tenue d’une fresque du climat, en collaboration avec l’Unité du développement durable de l’UdeM, afin de mieux comprendre et anticiper les défis écologiques.
Nous avons par ailleurs bénéficié cette année encore du soutien précieux de nos donatrices et donateurs. La campagne philanthropique pour la préservation des livres rares et anciens a mobilisé notre communauté et permis de sauvegarder des trésors de connaissance pour les générations futures.
Rien de tout cela n’aurait été possible sans la passion, le talent et le dévouement de l’équipe des bibliothèques. Merci à chacune et chacun d’entre vous, ainsi qu’à nos partenaires, de faire vivre cette mission essentielle : rendre le savoir accessible et contribuer activement aux grands enjeux de notre société.
Stéphanie Gagnon
par Martin Sévigny, Directeur de la recherche et des initiatives numériques
Au cœur de la mission universitaire, la recherche se déploie aujourd'hui dans un environnement en profonde mutation : transformation numérique, science ouverte, intégration responsable de l'intelligence artificielle, nouvelles exigences de diffusion et de financement. Les bibliothèques ont choisi d'y jouer un rôle moteur, en accompagnant la communauté de recherche de l'UdeM à chaque étape du parcours scientifique.
Cette année, nous avons franchi un jalon important aec le déploiement d'une offre de services à la recherche renouvelée -intégrée, agile et arrimée aux besoins réels des chercheuses et chercheurs de l'Université de Montréal. Cette démarche s'appuie sur une vision collaborative : un réseau d'expertises complémentaires, un langage commun entre les équipes des bibliothèques, les communautés de l'UdeM et les partenaires institutionnels.
Au-delà des outils et des structures, cette offre incarne un véritable changement de culture : positionner les bibliothèques dans l'écosystème de la recherche, non plus comm un simple soutien, mais comme un accélérateur du savoir et de l'innovation.
Les bibliothèques ont officiellement lancé leurs services à la recherche revus et redynamisés. Couvrant toutes les étapes du parcours de recherche, l’équipe de spécialistes de la nouvelle Direction de la recherche et des initiatives numériques et les bibliothécaires disciplinaires peuvent maintenant offrir du soutien à l’utilisation de l’IAg, à la gestion, à la conservation, à la diffusion, à la visualisation et à la réutilisation des données de recherche, à l’évaluation de l’impact de la recherche, à l’organisation de l’écosystème de la recherche avec des identifiants pérennes, à la protection du droit d’auteur et au choix des licences de diffusion, à l’édition et à la communication savantes en libre accès.
Un identifiant pérenne, comme un DOI, est un lien qui permet d’identifier une ressource peu importe l’endroit où elle est hébergée.
Une collaboration avec l'équipe du Vice-rectorat à la recherche et à l'innovation (VRRI) a également permis la mise en valeur de ces services via l'outil Compas, un service de soutien personnalisé pour orienter et accompagner les équipes de recherche sur toutes les questions liées à la gestion de la recherche, en suggérant les services de l'UdeM les plus appropriés pour les aider au long des différentes étapes de leurs projets de recherche. Compas permet d'identifier les étapes du parcours de recherche où l'expertise des bibliothèques est particulièrement pertinente.
Papyrus est l’un des premiers dépôts institutionnels (et premier dépôt francophone) à se joindre à l’initiative canadienne Scholaris. Grâce à cette migration, la recherche de l’UdeM est maintenant plus visible au sein d’une infrastructure canadienne mutualisée et simplifiée.
Papyrus est le dépôt institutionnel de l’UdeM, sous la responsabilité des bibliothèques. Il offre un espace en libre accès pour la publication et la diffusion de la production intellectuelle de la communauté UdeM : thèses, mémoires, articles, travaux étudiants, etc.
La baladodiffusion est un outil populaire de diffusion des connaissances scientifiques. De la vulgarisation aux discussions entre experts sur des sujets de pointe, le format s’adapte facilement au contenu et à l’intention des créateurs et créatrices.
Une séance d’enregistrement en public a été organisée pour Les Lucioles le 28 mars 2025 à la Bibliothèque Hubert-Reeves.
Les bibliothèques dédient environ 3 % de leur budget annuel de documentation au financement d’initiatives de publication en libre accès. Elles financent près de quarante projets d’infrastructures ouvertes (logiciels et services) et de contenu scientifique (revues et ouvrages).
De par leur mission, les bibliothèques ont un rôle de chef de file en termes de développement d’initiatives et de projets en soutien au libre accès. Cela est d’autant plus vrai qu’une équipe complète est dédiée au libre accès et à la science ouverte : la section Recherche et communication savante de la Direction de la recherche et des initiatives numériques.
Les bibliothèques soutiennent également la publication en libre accès de livres rédigés par les membres de la communauté UdeM via leur programme de financement des monographies savantes. Depuis la création du programme, 8 demandes ont été acceptées, dont 4 ouvrages déjà publiés et accessibles sur Papyrus, le dépôt institutionnel de l’Université de Montréal.
L’équipe des bibliothèques offre maintenant un service de mise en ligne de bibliographies interactives permettant de consulter les parutions récentes d’équipes, groupes de recherche ou de départements de l’UdeM. Ce type de bibliographie a notamment été utilisé dans deux projets :
Une bibliographie est un outil de promotion de la production intellectuelle d’un groupe ou d’un individu en offrant une liste ordonnée de leur pensée et de leurs réalisations. Les bibliographies proposées par les bibliothèques, basées sur l’application web en libre accès Kerko, offrent plusieurs fonctionnalités intéressantes, notamment le filtrage par auteur ou autrice, par date, ou par sujet.
L’engagement des bibliothèques UdeM en faveur du libre accès diamant a de nouveau été démontré cette année à travers leur leadership dans la mise en place du Réseau Circé vise à appuyer une initiative québécoise dédiée à la recherche et à la mutualisation de services à l’intention des revues scientifiques.
Soutenu par les Fonds de recherche du Québec, le Réseau Circé vise à appuyer les revues scientifiques québécoises dans leur transition vers le libre accès immédiat, favorisant ainsi une circulation plus équitable et accessible du savoir.
Le 1er mai 2025, la Bibliothèque Hubert-Reeves a accueilli un atelier de codesign rassemblant des chercheurs et chercheuses de toutes les disciplines en sciences de l’UdeM. Trois questions principales étaient au programme : quels services à la recherche les bibliothèques pouvaient-elles améliorer, quels services pouvaient-elles développer et, finalement, quel serait le service idéal en recherche. Les échanges ont mis en lumière l’importance d’un accompagnement accru pour les étudiants et les étudiantes des cycles supérieurs, la nécessité de mieux faire connaître les services existants et la valeur du rôle des bibliothécaires disciplinaires comme point de contact privilégié pour la communauté de recherche.
Les bibliothèques suivent l’UdeM dans sa posture d’ouverture sur le monde et d’engagement citoyen, et cultivent une culture d’échange de connaissances à la fois dans leur domaine d’expertise et dans tous les domaines de la recherche où les compétences en repérage, gestion et évaluation de l’information sont essentielles.
Une série de 4 ateliers a été offerte au corps professoral de la Nablus University for Vocational and Technical Education, dans le cadre du projet Research4Life soutenu par l’École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM). Le but de la formation préparée par l’équipe des bibliothèques était d’outiller le corps professoral du nouveau programme universitaire en sciences infirmières à la publication, notamment pour des synthèses des connaissances, particulièrement pertinentes dans le domaine de la santé.
Le terme Synthèse des connaissances regroupe plusieurs types de recherches dont le but est de faire un état des connaissances sur un sujet donné. Parmi les types de synthèses les plus connus, on trouve la revue de littérature, l’examen de la portée, la revue systématique, l’umbrella review et la méta-analyse.
Une présentation a été donnée au personnel des hôpitaux affiliés à l’UdeM sur Covidence, un logiciel utilisé pour la production de synthèse des connaissances, afin d’aider chercheurs et chercheuses en médecine et sciences infirmières à utiliser cet outil.
Les bibliothèques ont envoyé un membre de leur personnel agir à titre de mentor au premier Découvrathon, un événement réunissant des talents francophones du Québec, de France et d’autres pays pour concevoir, en 48 heures, des solutions innovantes visant à améliorer la découvrabilité des contenus culturels et scientifiques francophones en ligne.
Plusieurs membres de l’équipe des bibliothèques ont également été remerciés dans les articles pour leur apport à la stratégie de recherche.
par Juan Torres, Vice-recteur adjoint aux études de 1er cycle et à la formation continue
L'intelligence artificielle générative transforme rapidement les pratiques d'apprentissage, de recherche, et de création dans les universités. À l'UdeM, nous faisons dace à ces transformations en collaborant de manière responsable. Au cœur de cette démarche, les bibliothèques jouent un rôle essentiel : elles accompagnent notre communauté dans le développement de leur littératie numérique, tout en rappelant que l'IA doit d'abord servir à amplifier et renforcer l'intelligence humaine.
C'est dans cet esprit qu'a été lancé le guide sur l'IA générative des bibliothèques, une ressource phare que j'ai eu l'occasion de mettre de l'avant à plusieurs reprises auprès de différentes unités de l'UdeM et dans diverses communications institutionnelles. Ce guide illustre parfaitement la force de notre démarche collaborative : bibliothécaires, chercheuses et chercheurs, ainsi que partenaires institutionnels ont uni leurs expertises pour offrir un outil accessible, rigoureux et ancré dans les valeurs universitaires.
Au-delà du guide, nos réflexions et nos travaux doivent se poursuivre. Comment soutenir un usage éclairé de l'IA dans un environnement d'apprentissage en pleine mutation? Comment faire vivre nos principes de rigueur, d'intégrité et de transparence à l'ère des agents conversationnels, de la génération automatisée et des données massives?
Les bibliothèques sont des alliées incontournables de notre transformation numérique. Leur mission &emdash; aider chacun et chacune à apprivoiser la complexité, exercer son jugement critique et mobiliser la connaissance avec discernement &emdash; trouve une résonnance particulièrement forte aujourd'hui.
Un guide proposant des repères pour une utilisation responsable des outils d’intelligence artificielle générative (IAg) en contexte académique a été préparé par l’équipe des bibliothèques à la demande de la Faculté des arts et des sciences.
Publié le 7 avril 2024, il comprend 5 sections : utilisation responsable; explorer les outils; interroger l’IAg; évaluer les contenus générés; citer, signaler, déclarer et documenter. Entre autres contenus, on peut trouver une explication sommaire du fonctionnement de l’IAg, des suggestions pour déclarer son utilisation, ainsi qu’une liste d’outils d’IAg avec des conseils et précautions d’utilisation. Le guide a été consulté plus de 50 000 fois depuis sa publication.
Les bibliothèques ont également adopté des principes directeurs pour guider les actions et formations portées par les bibliothèques en IAg.
Plusieurs formations ont été offertes aux professeures, professeurs, chercheuses et chercheurs de l’UdeM, notamment à la Faculté de droit, à la Faculté des sciences de l’éducation et à la Faculté des sciences infirmières afin de présenter les avantages, enjeux et limites de l’utilisation de l’IAg pour la recherche d’information, tout en expérimentant avec les outils disponibles à l’UdeM et au public.
La Bibliothèque Marguerite-d’Youville a ouvert en février 2025 après une fermeture de sept mois, en proposant plusieurs améliorations visant à répondre aux besoins exprimés par la communauté UdeM, dont une salle de travail en équipe insonorisée et un espace de détente avec un éclairage tamisé. Le projet a bénéficié d’un soutien financier du Fonds d’amélioration à la vie étudiante (FAVE).
Avec 14 bibliothèques, le réseau est en constante évolution pour proposer des espaces adaptés aux différents besoins de la communauté.
Pour contribuer à étendre l’accessibilité des études et de la recherche à toute la communauté UdeM, les bibliothèques ont redynamisé et consolidé leur Service Accessibilité.
Pour les personnes ayant une déficience perceptuelle bénéficiant de l’exception au droit d’auteur, le service a numérisé ou adapté un total de 188 livres et 249 articles ou chapitres de livres, transmis par la suite en format accessible aux membres de la communauté UdeM qui en avaient besoin pour leurs cours ou la recherche.
Parallèlement, à la Bibliothèque des lettres et sciences humaines, les espaces du Service Accessibilité ont été rafraîchis et une nouvelle salle multisensorielle a été installée.
Une salle multisensorielle est un espace de régulation émotionnelle et sensorielle pour les personnes étudiantes qui ressentiraient le besoin de stimuler ou d’apaiser leurs sens. Elle est particulièrement utile dans les cas où l’environnement ou la foule présente trop de stimulation pour une personne.
Dans le cadre du Mois de l’histoire des personnes noires, les bibliothèques ont organisé une causerie sur les enjeux de représentation des savoirs noirs dans les domaines de l’édition littéraire et scientifique. Emeline Pierre, professeure adjointe au Département des littératures de langue française, a animé la discussion entre Kharoll-Ann Souffrant, travailleuse sociale, chercheuse et chroniqueuse; et Philippe Néméh-Nombré, chercheur et professeur adjoint à l’École d’innovation sociale de l’Université Saint-Paul.
Cet événement avait été organisé par Rose Carine Henriquez dans le cadre du programme Vos idées iront loin !. Ce programme permet au personnel des bibliothèques de proposer des projets innovants à tester en bibliothèque et financés grâce au Fonds Vos idées iront loin ! dédié à la mise en place d’initiatives portées par le personnel des bibliothèques.
Les bibliothèques collaborent fréquemment à la diffusion des savoirs par l’entremise d’activités d’engagement en bibliothèque. Recherche-création, complément de colloque ou expositions, les occasions de mettre en scène les savoirs en bibliothèque pour nos quelque 1 647 548 visiteuses et visiteurs annuels sont nombreuses.
Plusieurs travaux étudiants ont également été exposés dans les différentes bibliothèques à l’automne et à l’hiver.
Les bibliothèques sont un lieu de passage privilégié pour la communauté universitaire, en particulier les étudiants et les étudiantes qui y passent parfois plusieurs heures par semaine. Entre travaux d’équipe et séances d’étude, plusieurs s’attardent sur les installations pédagogiques — une forme plus éphémère, mais non moins valable de transmission de savoirs en constante évolution.
Cette année, 20 nouveaux casques de réalité virtuelle Meta Quest 3 ont été mis en prêt dans les bibliothèques UdeM grâce à la participation financière du Fonds d’amélioration de la vie étudiante et du Fonds d’amélioration des services technologiques et informatiques et des collections des bibliothèques (STIC). Réservés à la communauté UdeM, les casques ont pour but d’aider à se familiariser avec la réalité virtuelle à travers une sélection d’expériences déjà téléchargées dans les casques, telle Human Anatomy VR et NovaScience, une suite de jeux éducatifs de réalité virtuelle développés entre autres avec le soutien de l’UdeM.
Les bibliothèques mettent à la disposition de la communauté plusieurs espaces et équipements liés aux technologies de création numérique. L’idée est d’accompagner la communauté UdeM dans son expérimentation et la découverte de technologies telles que l’impression 3D, et de soutenir la diffusion des savoirs par les studios d’enregistrement audio et vidéo.
par Khalid Jouamaa, Directeur des collections, du traitement documentaire et des métadonnées
Les bibliothèques sont au cœur d’une transformation profonde : celle qui redéfinit la façon dont les savoirs sont acquis, partagés et transmis. Dans un contexte marqué par les changements rapides et la précarité des ressources financières, où la science ouverte et les modèles collaboratifs bousculent les pratiques d’accès à l’information, repenser nos collections devient un acte d’engagement. Notre ambition demeure la même : offrir un accès équitable, durable et transparent à la connaissance.
Repenser les collections, c’est aussi repenser notre rôle : passer de gardiens des ressources à médiateurs du savoir, capables d’orienter la communauté dans un univers informationnel en constante évolution. Dans ce nouvel équilibre entre ouverture, durabilité et responsabilité, les bibliothèques réaffirment leur engagement envers la science ouverte, en favorisant un accès plus libre, plus équitable et plus collaboratif à la connaissance, au bénéfice de la recherche et de la société.
Cette année, nous avons poursuivi nos efforts au sein du Partenariat des bibliothèques universitaires du Québec (PBUQ) afin de renforcer les ententes collectives et de mutualiser nos forces. Cette collaboration s’étend également au Réseau canadien de documentation pour la recherche (RCDR), où d’importantes réflexions sont en cours pour repenser les modèles d’accès et promouvoir une diffusion plus ouverte et plus juste du savoir.
La numérisation des ouvrages conservés en bibliothèque a profondément transformé l’accès à la connaissance, ouvrant des horizons inédits. Elle permet à la communauté UdeM de recherche et au public de repérer à distance des fonds pertinents, de préparer des visites en bibliothèques, d’évaluer si le document physique sera important pour leur recherche, ou d’exploiter directement sa version numérisée à des fins d’analyse et de recherche. Un parc de 4 numériseurs est maintenant en activité aux bibliothèques de l’UdeM :
Les documents numérisés seront mis en ligne avec des métadonnées promouvant leur découvrabilité et leur réutilisation dans le respect du droit d’auteur.
Les numériseurs utilisés dans nos bibliothèques pour les documents rares et anciens — et aux formats des plus variés ! — sont des machines sophistiquées fabriquées par un petit nombre de compagnies dans le monde. Le numériseur qui sera utilisé pour la numérisation de la collection d’affiches des bibliothèques a été importé par bateau, et un technicien spécialisé est venu de France pour en effectuer l’installation et former l’équipe de numérisation à son utilisation et son entretien.
L'UdeM s'est vu attribuer la responsabilité de conserver les copies imprimées de 3 552 titres de périodiques.
Le Partenariat des bibliothèques universitaires du Québec a lancé en 2022 le projet de conservation partagée. L’objectif est d’assurer la conservation des connaissances à l’échelle québécoise, ce qui permet aux bibliothèques membres du partenariat de concentrer leurs efforts de conservation sur une partie de leurs collections, tout en sachant que l’ensemble des titres sont préservés et accessibles à la communauté UdeM grâce à des ententes de prêt avec les bibliothèques universitaires québécoises.
Des changements ont été apportés à la politique sur les dons de documents afin d’encadrer et de diriger nos efforts d’enrichissement de nos collections dans le respect de notre politique de développement des collections et des besoins de la communauté UdeM.
La politique de dons de documents recense les critères pour l’évaluation et l’acceptation des dons proposés aux bibliothèques. Elle est disponible en ligne ici : bib.umontreal.ca/nous-soutenir
Une exposition sur le thème de Jules Verne et de son affection pour le Canada, explorée à travers trois de ses oeuvres et un livre d’artiste moderne. Ce projet a permis de réunir trois commissaires : Maxime Prévost, professeur titulaire au Département de français de l’Université d’Ottawa, Guillaume Pinson, professeur titulaire au Département des littératures de l’Université Laval, et Isa Slivance, créatrice de livres d’artistes.
Pour l’occasion, plusieurs ouvrages de Jules Verne ont été exposés, notamment grâce à des prêts des bibliothèques.
Le saviez-vous ? Bien que les trois romans de Jules Verne à l’étude décrivent en détail les paysages canadiens où ils sont campés, l’auteur lui-même n’est jamais venu au Canada, hormis quelques heures aux chutes du Niagara.
La Bibliothèque des livres rares et collections spéciales a exposé à l’automne 2024 une cinquantaine d’ouvrages tirés du nouveau Fonds documentaire Monique-Cormier, du nom de sa donatrice, lexicographe et professeure émérite du Département de linguistique et de traduction de l’Université de Montréal. En 18 vitrines, livres et artefacts racontaient comment la langue française et sa consignation ont évolué au fil des siècles.
par Maryna Beaulieu, Directrice de la Bibliothèque des lettres et sciences humaines | Bibliothèque des livres rares et collections spéciales | Service de prêt entre bibliothèques
Les livres anciens fascinent. Ils portent la trace du temps, celle des savoirs transmis et des mains qui les ont feuilletés. À la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales, ces témoins de plus de 4 000 ans d’histoire sont préservés, restaurés et mis en valeur pour qu’ils continuent d’inspirer la recherche, l’enseignement et la découverte au sein de notre communauté universitaire.
Cette année marque la deuxième phase de la campagne philanthropique du Fonds des livres rares et collections spéciales, un projet porté par la passion et la générosité de notre communauté. Grâce à l’appui de donatrices et donateurs engagés, des documents fragiles retrouvent vie, des œuvres uniques deviennent accessibles au public et notre patrimoine documentaire profite d’un rayonnement renouvelé.
Mais notre mission philanthropique va bien au-delà de ces trésors exceptionnels. Elle s’exprime dans l’ensemble de nos bibliothèques : revitalisation des espaces, création d’environnements d’étude accueillants, développement de collections, soutien à la réussite étudiante. Chaque don, qu’il soit modeste ou ambitieux, contribue à transformer les bibliothèques en véritables lieux de rencontre, de transmission et d’innovation.
Grâce à cette chaîne de solidarité, nos bibliothèques demeurent vivantes, inspirantes et ouvertes à toutes celles et ceux qui croient au pouvoir du savoir partagé. Merci à toutes et à tous pour votre engagement soutenu envers les bibliothèques de l’Université de Montréal.
Un fonds de dotation a été créé afin de bonifier les acquisitions en études européennes dans les quatre domaines suivants, identifiés par les donateurs : histoire, histoire de l’art, littérature et philosophie. Annuellement, les corps professoraux des départements concernés sont invités à proposer des dossiers d’acquisition soutenant la recherche et l’enseignement dans leurs domaines respectifs.
Ce volet du fonds Angers-Poulin complémente les bourses Angers-Poulin de la FAS en apportant un soutien financier additionnel à la politique existante d’acquisition documentaire.
Don du Dr Réjean Hébert, ancien ministre de la Santé et des Services sociaux et chercheur en gériatrie, ce fonds comprend une soixantaine d’ouvrages du 17e au 20e siècle sur le sujet.
Le lauréat de la bourse Geneviève-Bazin (2 000 $) est Ambroise Bernier, pour son projet de recherche sur le stoïcisme dans l’oeuvre de Blaise Pascal.
En mai 2024, une convention de donation a été signée par la Direction des bibliothèques pour officialiser l’accueil d’une nouvelle collection de Curiosa en 2025. En bibliophilie, ce terme désigne des livres illustrés mêlant érotisme, sexualité ou pornographie. Formée d’un peu plus d’une centaine d’imprimés, cette collection témoignera de l’art de l’illustration érotique, surtout en France entre 1930 et 1960. Une exposition est prévue pour sa mise en valeur.
par Morgane De Bellefeuille, Directrice de l'engagement et de l'innovation sociale
Rapprocher les bibliothèques de leurs communautés, c’est d’abord réaffirmer leur raison d’être : des lieux de découverte, de rencontre et de dialogue. Cette année, nous avons amorcé un grand chantier de rayonnement visant à renforcer notre présence auprès de la communauté universitaire et à mieux faire connaître la richesse de nos services, de nos expertises et de nos espaces.
Ce travail s’est incarné à travers un nouveau positionnement de marque et la création d’outils repensés, où l’humain demeure le fil conducteur. Plus qu’une refonte visuelle, il s’agit d’une posture relationnelle : celle de l’accessibilité, de l’écoute et de la proximité. Nous souhaitons que chaque rencontre avec les bibliothèques, qu’elle soit physique ou numérique, soit une expérience de partage, de curiosité et d’ouverture.
Cette approche va de pair avec notre engagement en matière d’innovation sociale : reconnaître la bibliothèque comme une actrice vivante de la société, capable de créer des liens, d’encourager la participation et de soutenir les initiatives collectives. Elle traduit notre conviction que les bibliothèques jouent un rôle essentiel dans la construction d’une université ouverte, inclusive et engagée.
Rayonner autrement, c’est apprendre des autres, collaborer et bâtir ensemble des espaces où le savoir se partage et se vit. C’est là que réside la véritable force des bibliothèques : dans ce lien de cœur qui nous unit à notre communauté universitaire.
En collaboration avec l’Unité du développement durable, les bibliothèques sont devenues en 2024 la première unité de l’UdeM à dresser un bilan carbone complet de son activité. À l’heure où chaque geste compte pour préserver notre planète, les bibliothèques ont réaffirmé leur engagement à explorer, adopter et renforcer des pratiques visant à réduire leur empreinte environnementale. Cette démarche a permis d’identifier les principaux leviers d’action et de préciser les priorités pour une transition écologique durable, intégrée autant aux opérations quotidiennes qu’aux projets de développement.
Au printemps 2025, les gestionnaires des bibliothèques de l’UdeM ont participé à la première Fresque du climat offerte au personnel de l’UdeM par l’Unité du développement durable. Cet atelier scientifique et collaboratif a permis de mieux comprendre les liens entre activités humaines et dérèglements climatiques, tout en faisant émerger des pistes d’action concrètes adaptées au contexte des bibliothèques.
Le 16 mai 2024, Benjamin Constantineau, chef de service, circulation, gestion des collections, maintenance des espaces et création numérique, a été l’un des récipiendaires du Prix du recteur dans la catégorie Collaboration. Il a fait partie d’Éclipse solaire 2024, une équipe de quinze personnes qui a assuré la distribution de plus de 70 000 paires de lunettes dans la communauté et organisé les différentes activités en marge de l’éclipse solaire du 8 avril 2024. Les quatorze bibliothèques de l’UdeM ont servi également de points de distribution pour les lunettes.
Le travail de Maude Lethiecq-Normand, cheffe de la section Recherche et communication savante de notre Direction de la recherche et des initiatives numériques, a été reconnu par le Prix du recteur catégorie Leadership pour 2025. Elle a joué en moins d’un an un rôle clé dans trois projets : la planification stratégique des bibliothèques, la transformation organisationnelle et la mise en place de collaborations solides entre les unités de soutien à la recherche.
Les techniciennes et techniciens en documentation des bibliothèques ont tenu une journée de réflexion pour échanger sur leurs pratiques dans le réseau et sur leurs expériences dans des projets innovants, dans le service à la clientèle et sur leur vision de l’avenir de leur métier. Un beau moment pour créer des liens dans l’équipe d’un réseau qui s’étend sur 14 bibliothèques et 4 services internes.
Aux bibliothèques, on retrouve principalement trois corps de métiers : les commis, les techniciennes et techniciens en documentation et les bibliothécaires. Les techniciens et techniciennes sont partout : derrière les comptoirs d’aide en bibliothèque, à la référence virtuelle, dans la tour de Roger-Gaudry, au service d’acquisition et de traitement documentaire, dans nos kiosques et à l’avant des salles de formation.
Don de 584 livres jeunesse neufs à la Fondation pour l’alphabétisation dans le cadre de son programme La lecture en cadeau. À la demande de l’UdeM, les livres remis sont distribués dans des écoles et des centres de la petite enfance de communautés autochtones déjà inscrites au programme.
Un budget d’environ 14 millions de dollars a été alloué à l’acquisition de documentation, dont 20 % destiné à l’achat de livres et 80 % consacré aux abonnements à des périodiques et diverses bases de données. Par ailleurs, une enveloppe de 10 000 dollars a été spécifiquement réservée pour l’acquisition de ressources adaptées aux besoins des membres de la communauté UdeM en situation de handicap.
| 2024-2025 | 2023-2024 | |
|---|---|---|
| Acquisition de documents | 13 825 853 $ | 12 825 779 $ |
| Budget de fonctionnement | 27 008 470 $ | 25 764 486 $ |
| Total | 40 539 438 $ | 38 590 266 $ |
Le budget de fonctionnement s’établit à 35 790 739 $ (37 590 353 $ en 2023-2024). Des dépenses totalisant 1 335 501 $ (772 716 $ en 2023-2024) ont été financées par des sources autres que le Budget de fonctionnement, soit par le Fonds de souscription et le Fonds d’immobilisation.
| Type de documents | 2024-2025 | 2023-2024 |
|---|---|---|
| Périodiques imprimés (total) | 36 121 | 36 302 |
| Périodiques imprimés (abonnements courants) | 1 378 | 1 598 |
| Périodiques électroniques | 146 711 | 150 829 |
| Calypso (images, numérisations) | 44 493 | 42 572 |
| Bases de données | 303 | 299 |
| Livres imprimés (total) | 1 455 002 | 1 475 637 |
| Livres imprimés acquis en cours d'année | 6 566 | 8 483 |
| Livres électroniques1 | 1 569 092 | 1 477 337 |
| Total des titres détenus2 | 3 417 306 | 3 379 063 |
| Total des titres accessibles3 | 5 908 797 | 5 574 018 |
| Méthode de consultation | 2024-2025 | 2023-2024 |
|---|---|---|
| Prêts en bibliothèque (prêts initiaux) | 93 770 | 109 068 |
| Consultations sur place des documents | 41 272 | 93 718 |
| Articles consultés en ligne | 5 784 708 | 5 566 918 |
| Livres consultés en ligne | 1 585 624 | 1 490 055 |
| Plateformes | 2024-2025 | 2023-2024 |
|---|---|---|
| Papyrus (thèses, mémoires, articles) | 40 738 | 32 398 |
| Consultation de Papyrus | 6 195 193 | 5 321 573 |
| Borealis | 297 | 226 |
| Open Journal System (revues hébergées) | 13 | 10 |
| Services | 2024-2025 | 2023-2024 |
|---|---|---|
| Fréquentation des bibliothèques | 1 647 5481 | 1 672 859 |
| Places assises | 4 126 | 4 096 |
| Salles de travail | 144 | 141 |
| Superficie nette (m2) | 36 186 | 36 186 |
| Aide et référence | 96 148 | 96 721 |
| Formations | 1 043 | 823 |
| Participation aux formations | 23 420 | 19 706 |