Qu’est-ce qu’un «livre savant»? Comment définir cet objet en apparence lointain et pourtant présent dans la vie de tout un chacun? Il en existe des spécialisés, qui se présentent souvent sous la forme de traités, d’essais, de manuels, d’études, de précis, voire de dissertations. D’autres ont des visées plus populaires, soit qu’ils tentent de vulgariser un savoir difficile, soit qu’ils souhaitent rassembler le plus grand nombre de savoirs possibles. Selon les aires géographiques, les disciplines et les époques, leur définition peut varier considérablement.

Il s’agira de réfléchir ici au statut actuel du livre savant, mais aussi à son histoire. Diderot et D’Alembert, avec leur Encyclopédie, avaient-ils conçu le livre savant par excellence dès le XVIIIe siècle? En quoi se distinguait-elle des travaux de précurseurs comme Fontenelle? Les récits de voyage de l’âge classique sont-ils des textes scientifiques? Le savoir que vulgarise Louis Guillaume Figuier au XIXe siècle est-il le même que celui qui envahit les pages des Particules élémentaires de Michel Houellebecq, voire celles du Da Vinci Code de Dan Brown? Plutôt qu’un seul livre savant, il en existe de multiples formes, toutes historiquement déterminées.

Ces formes sont aujourd’hui en cours de transformation, cela à cause du développement de l’informatique. D’une part, l’avenir des publications savantes va changer, notamment pour ce qui concerne les revues et les volumes d’Actes de colloques. D’autre part, la numérisation des textes savants du passé devrait paver la voie à des nouvelles interprétations de leur fonctionnement.

Présent, passé, avenir: pareil parcours historique est nécessaire pour essayer de poser les jalons d’une définition du livre savant.

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Benoît Melançon

Benoît Melançon, Ph. D. (Montréal), est professeur titulaire au Département d’études françaises de l’Université de Montréal. Dix-huitiémiste, il s’intéresse à l’écriture épistolaire (Diderot épistolier et Sevigne@Internet, Fides, 1996) et aux formes de la sociabilité intellectuelle. En 2004, il a publié un Dictionnaire québécois instantané (Fides) et, en 2005, il a co-édité le volume collectif Des mots et des muscles! Représentations des pratiques sportives (Nota bene). Il travaille présentement à un ouvrage d’histoire culturelle intitulé Les yeux de Maurice Richard. Il est directeur scientifique des Presses de l’Université de Montréal.

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